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Initial D, un animé sur les chapeaux de roue [Review Animé]

Salut à tous, ici Haken aux commandes. Peut-être que vous l’avez vue arriver rien qu’avec le titre, car je vais parler d’une série qui me tient vraiment à cœur : Initial D. Spoiler : j’adore.

Jeux de mots foireux garantis, prenez la sortie « Croix Rouge » en haut à droite si vous n’adhérez pas à ce genre de dérapages verbaux. 😛

Note : je n’ai pas lu le manga, du coup je zapperai tout ce qui concerne le respect de l’œuvre originale.
Cela dit, je donnerai mon avis sur l’intégralité de l’animé produit jusqu’à maintenant, en parlant beaucoup de son évolution depuis la première saison en printemps 1998, jusqu’au premier film de la trilogie Legend en été 2014 (pas de pot, je n’ai pas pu voir le second dans les cinémas japonais).
Hé oui, l’animé d’Initial D a plus de 16 ans au compteur !

 

Carte grise du véhicule

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La série est adaptée du manga de Shûichi Shigeno, terminé en 48 tomes et licencié chez Kazé Manga.

Nomenclature des saisons, studios d’animation et réalisateurs :

  • First Stage (printemps 1998, 26 épisodes), Gallop, Noboru Mitsusawa
  • Second Stage (automne 1999, 13 épisodes), Pastel, Shin’ichi Masaki
  • Third Stage (hiver 2000, 1 film), Pastel, Noboru Mitsusawa
  • Extra Stage (printemps 2001, 2 OVA), Pastel, Shishi Yamaguchi
  • Battle Stage (printemps 2002, 1 OVA), Pastel, Shishi Yamaguchi
  • Fourth Stage (printemps 2004, 24 épisodes), Frontline, Tsuneo Tominaga
  • Battle Stage 2 (printemps 2007, 1 OVA), Frontline, Tsuneo Tominaga
  • Extra Stage 2 (automne 2008, 1 OVA), A.C.G.T., Tsuneo Tominaga
  • Fifth Stage (automne 2012, 14 épisodes), SynergySP, Tsuneo Tominaga
  • Final Stage (printemps 2014, 4 épisodes), SynergySP, Mitsuo Hashimoto
  • New Initial D Legend 1 – Awakening (été 2014, 1 film), Sanzigen, Masamitsu Hidaka

Le premier qui dit que c’est clair, il se mange un enjoliveur dans le visage et des essuie-glaces dans le nez.
Les saisons et les OAV n’ont pas toujours conservé le même couple studio/réalisateur, ce qui provoque des changements de design assez visibles entre chaque adaptation. C’est assez dérangeant, surtout entre Second, Third et Fourth Stage… On a peu de temps pour s’habituer aux nouveaux designs entre les 13 épisodes de Second Stage et le film de Third Stage, d’autant qu’ils sont encore différents sur Fourth Stage.

Kazé a licencié l’animé jusqu’au Fourth Stage (sauf Battle). Mais accrochez-vous pour le trouver en vente…

 

Tenue de route

Mont Akina, au Japon. Une rumeur circule dans la ville au pied de cette montagne : celle d’un livreur de tofu qui, au volant de sa Sprinter Trueno (également appelée AE86 ou encore 86), serait le plus rapide en descente. Mais comme il circule aux derniers instants de la nuit, personne ne l’a jamais vu…

Takumi Fujiwara est un lycéen lambda, dans un lycée lambda. Il a son permis depuis peu et travaille à mi-temps dans une station-service en compagnie de son ami Itsuki.
Mais il a aussi un autre travail, dont il ne parle à personne : depuis plusieurs années, il s’occupe des livraisons de tofu de son père, Bunta. Et ce tous les matins vers 4h afin de ne pas se faire arrêter, en direction de l’hôtel situé au mont Akina. Quel que soit le temps, il parcourt son trajet habituel dans la vieille voiture de Bunta, une Trueno blanche et noire.
Jusqu’au jour où, sur le chemin du retour, il croise la route de Keisuke Takahashi, l’un des Rotary Brothers (aux voitures à moteur rotatif) et pilote d’une FD3S (une Mazda RX-7)…

Le scénario n’est pas réellement brillant, avouons-le. On peut vite deviner quelque chose rien qu’avec ce synopsis, et pourtant j’en dis moins que ceux officiels.
Sans compter qu’on parcourt souvent le même schéma (défi, course, technique de Takumi, victoire), même si les courses se déroulent toujours différemment (c’est au moins le cas dans First Stage).

Au fil des épisodes, on suit la progression de Takumi (First, Second et Third Stage), pour ensuite se focaliser sur l’équipe Project D (Fourth, Fifth et Final Stage).
J’ai personnellement apprécié le scénario… SAUF Mogi. Ses interventions dans First et Second Stage cassent un peu trop le rythme à mes yeux, parfois en pleine course !
Sinon, il y a quand même pas mal de rebondissements (le plus gros est, je pense, vers le milieu de Second Stage) qui font qu’on ne s’ennuie pas trop. Oui, pas trop, car First Stage souffre d’une narration à la One Piece : c’est vraiment trop lent ! Heureusement, les séries suivantes sont plus dynamiques. Perso, ça ne m’a pas gêné, mais ça aurait pu être meilleur.

Au niveau des OAV, il faut distinguer Battle Stage d’Extra Stage :
– Ceux de Battle Stage reprennent les saisons diffusées avant lui (les 3 premières pour Battle Stage ; Fourth Stage pour Battle Stage 2) et ne gardent que les courses, reléguant le scénario à des lignes de texte résumant la situation entre deux courses. Du coup, ce dernier est à peine présent…
Il ne faut pas prendre ces OAV pour des résumés qui peuvent remplacer les saisons concernées, mais plutôt comme un rappel des faits qui s’y sont déroulés (et pour s’occuper avant l’adaptation suivante).
– Ceux d’Extra Stage sont plus ou moins des histoires secondaires sur des personnages secondaires.
Dispensables, même si parfois drôles.

Quant au film de la trilogie Legend, il repart du début tout en modifiant quelques éléments de l’histoire jusqu’à la sortie à la plage, mais rien de dramatique en soi.
Ce serait même l’inverse : on a l’impression que certaines réactions sont plus crédibles (les Red Suns qui ont vraiment l’air de salauds, ce qui renforce l’envie de gagner d’Iketani, ou bien Takumi qui a toujours la tête ailleurs, avant de se « transformer » quand il attaque la descente du mont Akina).
On a également le droit aux vrais noms des voitures, alors qu’on devait se contenter des « noms de code » (86, FD, FC, etc.) réels mais pas toujours compréhensibles dans les précédentes saisons, même si certains sont encore conservés (la RX7 FD3S reste la « FD »).

 

Moteur 128 chevaux

Les personnages sont un peu la dernière roue du carrosse : à part quelques protagonistes, le reste est à peine développé, dont Iketani et ses amis qui sont juste là pour commenter et assister aux duels, ou bien Takeshi qui n’est là que pour se prendre des tôlées. Par contre, les personnages centraux ont un caractère bien trempé et surtout, ils évoluent. Donc du bon et du moins bon à ce niveau.

Mention spéciale à Takumi, que l’on découvre vraiment course après course.
Chacune montre un côté différent du héros dans First et Second Stage, puis on le découvre plus réfléchi et spontané pour trouver des idées à partir de Fourth Stage. Il me fait adorer First Stage : c’est un gamin lambda, absolument pas motivé, mais sa désinvolture en pleine course me fait toujours rire dans les premiers épisodes de cette saison, et le voir évoluer en conduisant me plaît bien (autre mention spéciale aux épisodes 15 et 26, qui sont parmi les meilleurs épisodes de la série à mes yeux).

En bref, excepté lui et 2-3 autres personnages, aucun n’est vraiment développé. C’est fort dommage.

 

Carrosserie et habitacle

Passons aux graphismes et à l’animation… et c’est ce qui m’a fait accrocher dès les premières secondes de l’animé, avec la musique (qu’on entend arriver en arrière-plan, elle ne devrait pas tarder).

Dès le départ, Initial D a choisi un parti pris risqué pour l’époque : l’animation est en 2D… sauf les courses, entièrement en 3D ! Je rappelle qu’on est en 1998, soit à l’ère de la PS1 ! Ça donne quoi ? Ben, ça :

2D 3D

Désolé pour la qualité des screenshots, mais comme la plupart des saisons datent du début des années 2000, ce n’est pas simple de trouver des images nettes et de bonne qualité.

L’animation en 2D est loin d’être parfaite, surtout dans certains passages où même « ces 2 minutes » de l’épisode 5 de Dragon Ball Super sont bien dessinées et animées en comparaison.
Mais paradoxalement, ce sont les graphismes de First Stage que je préfère de toutes les saisons de l’animé. Disons qu’ils lui donnent un charme particulier.

Pour la 3D, je sais pas si l’effet nostalgie joue, mais je l’aime bien. Je l’aime beaucoup, même… malgré les limitations graphiques évidentes (pas de plaque d’immatriculation, pas de fumée pendant les drifts…). Et dès la scène d’introduction, je suis tombé littéralement amoureux de cette 3D, de la bagnole… De tout !

Notez que Battle Stage affiche une 3D refaite pour les séquences tirées de First Stage :

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A gauche, la « SilEighty » dans First Stage. À droite, la même voiture et la même course dans Battle Stage.

Moins anguleuse, plus détaillée, plaque d’immatriculation et insigne sur le devant (il aura fallu plusieurs épisodes avant que « TRUENO » apparaisse à l’écran, ou soit censuré en « TORENO » !)…
Y’a pas à dire, j’adore cette 3D.

On en a parlé dans la fiche technique, mais les studios d’animation ont souvent changé d’une adaptation à une autre… et là ça se voit clairement.

La saison que j’aime le moins pour la 2D et la 3D est Second Stage. J’ai pas du tout accroché à son design.
Pour le reste, c’est variable : autant la 3D s’améliore très largement (dans Fifth et Final Stage, je la trouve juste magnifique !), autant je suis très partagé pour la 2D. Aucune saison ne m’a pleinement convaincu à ce niveau, du moins pas plus que First Stage.
Je veux dire, Takumi gagne une teinture rouge aux cheveux à partir de Fifth Stage. Pourquoi ? Tais-toi sonuvabitch, c’est comme ça. Et ce pauvre Ryôsuke passe de mec cool et calculateur dans First Stage à un gamin rebelle dans Fourth Stage. C’est franchement n’importe quoi.

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Dans l’ordre : Second Stage, Third Stage, Fourth Stage et Fifth Stage. Là encore, les animés avaient des standards différents entre 2004 et 2014…

Et pourtant, j’accroche vraiment. Je trouve les courses (soit le cœur de la série) excellemment animées ! Je n’ai pas grand-chose d’autre à redire, j’ai été conquis très rapidement, surtout à partir de Third Stage qui fait un réel bond en avant niveau animation.

Bref, rien de transcendant en 2D, mais dès que la 3D se pointe, c’est la jouissance visuelle.

Enfin, parlons de Legend… et de son parti pris inverse ! En effet, alors qu’Initial D innovait en déboulant avec de la 3D en 1998, Legend débarque… entièrement en 2D ! Mais je la trouve excellente ici, avec un bon usage des traits noirs pour donner un air dynamique réussi, à la manière du cel-shading.

Legend

Détail amusant : les plaques d’immatriculation sont toutes différentes de celles dans l’animé originel.

À noter aussi que toutes les actions effectuées à bord de la Trueno ont été validées par Keiichi Tsuchiya.
C’est un des drifters les plus connus au Japon… conduisant une Trueno. Du coup, il a jugé possible chaque action effectuée par la Trueno dans l’animé, ce qui lui donne un côté réaliste et plutôt classe.

 

Autoradio

Le GROS point fort de la série.

Cette OST.

CETTE PU***N D’OST !!!

La bande-son est composée d’Eurobeat, et ça rend excellemment bien ! Je ne peux que vous conseiller d’écouter cette merveille auditive qui est certainement l’un des atouts de l’animé, surtout la bande-son de First Stage et le CD « Mega Mix » dont je suis particulièrement fan !
Si vous voulez des exemples d’Eurobeat pour voir de quoi je parle, je conseille Running in the 90s (Max Coveri), Night of Fire (Niko), No One Sleep in Tokyo (Edo Boys) ou encore Space Boy (Dave Rodgers).
Ce sont mes morceaux préférés de la série, si ce n’est mes musiques préférées tout court.

Après avoir vu l’animé, vous comprendrez mieux les blagues entre l’Eurobeat et la voiture, ou encore le proverbe « L’Eurobeat rend tout plus rapide » ! Et si vous avez une sono haut de gamme dans votre caisse, FAITES PÉTER LE SON À COUPS D’EUROBEAT (sur l’autoroute hein, faut pas déranger le voisinage) !

Tous (je dis bien tous !) les OP et ED ont été confiés au groupe M.O.V.E. (que l’on aperçoit une ou deux fois dans l’animé). Je les aime bien, surtout pour l’OP de Third Stage que j’adore plus particulièrement.

Legend est parti sur une orientation plus rock, ce qui a déçu pas mal de fans. Je l’ai trouvée bonne… mais ça remplace pas du bon vieil Eurobeat des familles comme First Stage nous en mettait plein la tronche.

 

Diagnostic du contrôle technique

Initial D reste pour moi l’une des meilleures découvertes que j’ai pu faire dans la japanimation.
Même ses défauts évidents ne parviennent pas à effacer cet amour. C’est bien simple : depuis que j’ai vu cet animé il y a plusieurs mois, il ne se passe pas un jour sans que je m’en refasse une scène (souvent tirée de First Stage, ouais j’adore cette saison). Mais attention, comme je viens de le dire, il n’est pas exempt de reproches, et je pense que pas mal de spectateurs n’arriveront pas à les mettre de côté.

En fait, la série est à l’image de la voiture star, l’AE86 Trueno. Tous ceux ayant pu conduire la version japonaise de cette voiture vous diront qu’elle n’a rien pour elle. Moteur poussif, aspect cheap, plastique fragile, elle a 30 ans mais zéro raffinement. Et pourtant, ils l’adorent, ils veulent toujours la conduire et la trouvent géniale, sans pouvoir expliquer pourquoi.
(D’ailleurs, cette version de l’AE86 n’est jamais sortie du Japon, je veux en conduire une un jour ! Et si vous voulez voir ce qu’elle donne en vrai, des Youtubers en ont fait des tests, dont RegularCars.)

Et c’est ce que je pense de l’animé : ses défauts sont visibles à des kilomètres, et pourtant il est et restera l’un des meilleurs animés que j’ai jamais vus.

 

Voilà, c’est fini (« enfin », diront certains que je vois dans mon rétro’), vous pouvez détacher la ceinture.

À bientôt pour de nouvelles reviews !

A propos de Haken Browning

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Un commentaire

  1. Yoho.
    Joli article, merci pour avoir éclairé quelque chose qui paraissait ultra sombre dans l’univers de la japanimation. C’est vrai qu’avec tous ces titres différents ce n’est pas forcément évident de s’y retrouver (mais pas moins que pour les fate je crois ><).
    Du coup j'ai peut être envie de laisser sa chance à Initial D alors que je n'arrivais pas à m'y intéresser quand ça passait à la tv (toujours dur d'entrer dans une série encours :/). Surtout après avoir écouté quelques uns des OP et ED et du Eurobeat. Mais aussi pour comprendre pourquoi il y a autant de références à la série plusieurs années plus tard dans Lucky Star, Noucome et d'autres encore :o.

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