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[Jonetsu 1.0] Résumé & Précisions sur la conférence Ototo/Ofelbe

Photo issue de @JonetsuConv. À gauche, Louis-Baptiste Huchez, directeur de collection d’Ofelbe. À droite, Guillaume Kapp, responsable communication d’Ototo et d’Ofelbe.

Parmi les conférences du samedi, celle d’Ototo et d’Ofelbe était très attendue et a fait salle comble. Louis-Baptiste Huchez et Guillaume Kapp étaient donc présents pour parler de cross-média, des séries traitant du jeu vidéo, de la politique éditoriale d’Ototo et d’Ofelbe, mais aussi de leurs futures licences.

Ce compte-rendu sera divisé en deux parties, de la conférence jusqu’aux réponses à des questions posées directement à Guillaume Kapp. Les précisions que j’apporterai seront entre parenthèses.

 

Conférence – Jeu vidéo et cross-média

Quand on parle de jeu vidéo, on pense souvent au Japon. C’est l’une des raisons pour lesquelles le jeu vidéo s’adapte bien au format du manga, les deux supports étant liés à l’univers otaku.
Il arrive aussi que des licences très connues soient adaptées en jeu vidéo, comme Spice & Wolf (2 jeux sont sortis sur Nintendo déesse… pardon, DS).

Sword Art Online n’a pas été le premier à parler de MMORPG, mais il a démocratisé le genre. Le côté visionnaire de l’auteur sur la réalité virtuelle a d’ailleurs été souligné. Face aux progrès technologiques, ce thème offre de nouveaux scénarios, de nouvelles perspectives et une nouvelle vision du jeu vidéo.
En plus de l’aspect « jeu mortel », SAO aborde les mécaniques du MMORPG, les interactions homme-machine, la connexion entre réel et virtuel avec ses limites, mais aussi les effets de cette réalité virtuelle sur soi (on apprend, sur le ton de la plaisanterie, que M. Huchez serait resté au 1er étage d’Aincrad, et que M. Kapp serait devenu un Player Killer).
Ainsi, de plus en plus de séries abordent le sujet du jeu vidéo, et certaines ont récemment connu un fort succès (No Game No Life, entre autres). Reste à faire le tri pour proposer ce qui sort du lot.

On se pose aussi la question de savoir si les joueurs sont également des lecteurs, et inversement.
Comme le manga reste assez sectaire et peut difficilement gagner en visibilité, nouer des liens avec d’autres supports permet de conquérir de nouveaux publics : c’est le concept même du cross-média.
La promotion de certains titres se fait donc de plus en plus sur des sites de jeu vidéo, et l’exemple du partenariat entre Ki-oon et Ubisoft sur Assassin’s Creed permet de bénéficier de la puissance marketing et communication des gros éditeurs de jeux.

Pour finir, les deux intervenants ont confié leur belle « excuse de rêve » pour jouer aux MMORPG : s’imprégner de ce vocabulaire du jeu vidéo pour mieux le retranscrire dans leurs parutions.

Conférence – Ototo

Les publications d’Ototo doivent suivre la plupart de ces critères :
– La licence doit être déjà connue en France (via un animé, entre autres).
– Elle doit être cross-média (déclinée sous plusieurs formes, comme un jeu vidéo par exemple).
– Le côté fantasy doit être présent (mythes, magie ou éléments irrationnels selon @Editions_Ofelbe).
– Le suivi des auteurs phares (déjà publiés et ayant connu du succès en France).

Les dernières acquisitions d’Ofelbe respectent la plupart de ces critères, sauf Magdala – Alchemist Path, série encore récente mais écrite par l’auteur de Spice & Wolf (à noter que le manga est l’un des fers de lance de l’éditeur en termes de ventes).

Concernant Sword Art Online, l’acquisition du manga a été difficile, concurrence oblige.
Le manga d’Aincrad a eu deux réimpressions pour un tirage total de 14 000 exemplaires par tome, contre 8 000 exemplaires au départ. L’amélioration des dessins avec les arcs suivants aide grandement à pousser cette adaptation en manga.

Ototo annonce enfin sa prochaine licence : Accel World, scénarisé par Reki Kawahara et dessiné par Hiroyuki Aigamo. Tome 1 prévu en mai, tome 2 prévu en juillet.

Accel World - Ototo

Photo prise par @Ohhopi.

Conférence – Ofelbe

Les publications d’Ofelbe suivent des critères différents :
– La licence doit avoir une fanbase importante en France.
– Elle doit être accessible au grand public.
– Elle doit être cross-média.
– Le côté fantasy doit être présent.

Ofelbe a eu du mal à se faire reconnaître, multipliant réunions et râteaux auprès des libraires. Toutefois, le distributeur a effectué un important boulot pour rendre disponible les premières parutions dans les principaux points de vente, même si certains n’ont mis que quelques exemplaires en rayon, voire aucun.

Il a beaucoup fallu argumenter sur le potentiel et le poids des deux licences pour ce faire, chose qui serait plus difficile avec des « petites licences ».

Les intervenants n’excluent pas la publication de séries « par plaisir », mais pour continuer à viser un large public, les séries ne doivent pas avoir un ancrage japonais trop important.
C’est ce qui ressort d’une question sur une éventuelle licence de Durarara!! ou de Monogatari. M. Huchez a d’ailleurs précisé être fan de Shin Sekai Yori, suite à une autre question du public.

Grâce à Ototo, Ofelbe travaille avec Kadokawa (qui possède la plupart des gros éditeurs de LN, mais j’y reviendrai dans la partie suivante). Les autres éditeurs ne sont pas du tout exclus.

Concernant la publication de Sword Art Online et de Spice & Wolf, les éditeurs japonais de SAO ont donné carte blanche à Ofelbe pour concevoir la version française de SAO. Reki Kawahara n’a pas eu d’implication particulière dans ce processus.

Les tomes doubles se sont imposés pour « réduire » le nombre de tomes à publier (pour une série avec une vingtaine de tomes japonais, on obtient une dizaine de tomes en France, ce qui rassure le lecteur).

Le tirage était légèrement supérieur aux prévisions de vente, afin de limiter les risques de surplus ou de pénurie. Sur un placement (mise en vente) initial de 6 000 exemplaires pour Sword Art Online et de 4 000 exemplaires pour Spice & Wolf, les ventes sont encourageantes, SAO se vend plus que S&W (mais c’était l’inverse à Jonetsu, en raison du public présent). La publication de la suite de ces séries est donc possible.

Les marchands en ligne sont les premiers vendeurs de ces titres. Même s’ils ont sous-estimé le nombre de pré-commandes et subi des pénuries, les titres d’Ofelbe ont fini parmi les meilleures ventes de la Fnac.

Afin de compléter la promotion de ces titres, l’éditeur avait mis l’accent sur les retours de blogueurs spécialisés dans le roman classique, et ce afin d’atténuer la connotation « manga » de ses publications. Les critiques sont essentiellement positives.

Les couvertures et les illustrations sont bien acceptées par le public, mais il reste le problème du placement en rayon des parutions : certains libraires les placent à côté des mangas au lieu des romans, un point que les deux intervenants espèrent pouvoir améliorer. Enfin, Ofelbe a dit ne pas se fier au marché américain dans le choix de ses licences.

On passe donc aux annonces d’Ofelbe, qui a d’abord dévoilé la couverture du tome 2 de Sword Art Online, prévu pour juillet.

SAO 02 - Preview

Photo issue de @JonetsuConv.

Après un faux cliffhanger, le troisième titre d’Ofelbe a été annoncé : Log Horizon, écrit par Mamare Touno et illustré par Kazuhiro Hara.

Log Horizon - Ofelbe

Extrait d’une photo prise par @Ohhopi.

(Un extrait vidéo est aussi disponible ici.)

Post-Conférence

Après la conférence, je suis allé poser quelques questions sur Ofelbe à Guillaume Kapp, et je le remercie vraiment pour le temps qu’il a accordé. L’entretien a été constructif, voilà une synthèse des réponses.

1. Éditeurs japonais

Comme dit précédemment, Ofelbe travaille avec Kadokawa, et donc avec les éditeurs de ce dernier.
Il est donc tout à fait possible de voir arriver des titres d’ASCII Media Works (Dengeki Bunko), de Media Factory (MF Bunko J, MF Books), de Fujimi Shobo (Fujimi Fantasia, Dragon Books), de Kadokawa Shoten (Sneaker Bunko) ou d’Enterbrain (Famitsu Bunko).
Toutefois, Ofelbe a aussi des contacts avec Kôdansha (Kôdansha BOX, Kôdansha Lanove Bunko).
L’éditeur Alphapolis (qui colle au critère « fantasy » d’Ofelbe) n’est pas non plus exclu, d’autant que Gate (roman ayant connu un succès similaire à SAO et adapté en animé cette année) figurait parmi les titres considérés dans une première sélection.

2. Séries moins connues

Elles ne sont pas prévues pour le moment, mais l’idée n’est pas exclue à l’avenir.

3. Marché américain

Ofelbe observe notamment ce que fait Yen Press (car les deux bossent avec Kadokawa).
Puisque la parution française est bien différente de l’américaine, cette dernière n’est pas perçue comme un concurrent considérable. Toute la différence se fait sur le réseau de distribution, et il est plus favorable pour Ofelbe en France (métropolitaine, car cela peut être différent au Canada et au Québec).

4. Prix et format

Le prix avoisinant 20 € par tome se justifie par la présence de deux tomes en un, et reste similaire à deux tomes américains (voire un peu moins cher qu’eux à l’heure actuelle).
Le choix du vernis sélectif a plus été une possibilité grâce à l’expérience d’Ototo qu’une volonté stratégique. Dans tous les cas, l’ouvrage final est plus agréable à regarder.
Quant au format de l’ouvrage, opter pour une taille intermédiaire était impossible, le tome aurait été beaucoup trop épais dans ce cas.

5. Spice & Wolf et les tomes doubles

Des solutions sont à l’étude pour les futurs tomes et les side stories. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de tome triple, l’idée est d’éviter d’avoir ce format omnibus que l’on retrouve souvent en Amérique.

6. Tirage des parutions d’Ofelbe

Ofelbe a imprimé 14 000 exemplaires de chacun des deux tomes publiés en mars, les chiffres donnés lors de la conférence représentent seulement ce qui a été mis en vente (ce qui signifie qu’il reste 8 000 SAO et 10 000 S&W en réserve). Évidemment, il n’y a pas lieu de les réimprimer pour l’instant.

7. LN de séries publiées chez Ototo

Évidemment, Magdala ne peut pas être publié alors que S&W débute à peine. Pour Fate/Zero, c’est possible.

8. Couvertures

Pour le tome 2 français de SAO, l’illustration du tome 4 original a été préférée, car plus marquante et plus axée grand public que celle du tome 3 original.
Pour la 4e de couverture, l’usage du fond blanc reste cohérent avec l’ambiance de Spice & Wolf, mais pas pour SAO. L’illustration en couleurs a été privilégiée à la couverture du second tome japonais de l’ouvrage, le synopsis y est plus lisible et cela ajoute du dynamisme.

9. Les web novels

La publication de web novels ensuite publiés sur papier est possible (tant que ça respecte les critères d’édition d’Ofelbe, bien sûr). Toutefois, elle est extrêmement compliquée si les droits de publication n’appartiennent pas à l’éditeur japonais, mais à l’auteur de la série originellement publiée sur Internet.
On peut constater cette situation dans le cas de One Punch Man. (Pour l’instant, il n’y a pas eu d’échos de cas similaires dans le domaine du LN.)

 

Voilà, désolé si ça a pris du temps et si les questions vous semblent peu intéressantes, j’ai du modifier une partie de mes questions et subir des trous de mémoire…

Si j’ai fait une erreur ou s’il faut apporter des précisions, n’hésitez pas à me le faire savoir.

A propos de Misogi

Rédacteur spécialisé dans le light novel, écrivant articles et critiques à un rythme irrégulier. "Le light novel, c'est comme Hitagi Senjougahara : il ne faut pas le prendre à la légère."

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