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Monogatari, un LN à ne pas prendre à la légère

Merci à Cho pour ses précisions. Réécriture d’un article publié en juillet 2014.

Après avoir vu le format courant du LN, passons à un cas particulier comme Monogatari, une série ayant connu un énorme succès au Japon.

Née de l’imagination débordante de l’écrivain NisiOisiN et illustrée par l’artiste taïwanais VOFAN, cette suite de romans débutée en 2005 reste toujours en cours.

On la connaît surtout via ses adaptations animées atypiques, confiées au studio Shaft.
Une chose est sûre : adapter Monogatari est un casse-tête, car le style d’écriture de NisiOisiN est réputé pour être extrêmement difficile à comprendre (et c’est pire pour le retranscrire dans une autre langue).

Il n’y a pas que le scénario et les dialogues qui sont étranges. Vu le format des tomes de Monogatari, on peut douter du fait qu’ils soient des LN… Ça sera le sujet du jour.

 

Monogatari est publié par l’éditeur Kôdansha, sous son label Kôdansha BOX. Ce dernier est extrêmement différent des labels classiques, si bien qu’on reconnaît d’un coup d’œil les séries qui y sont publiées.

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La plupart des tomes Kôdansha BOX gardent la couverture tout aussi simpliste des LN classiques. Mais la ressemblance s’arrête là.

En effet, la jaquette est remplacée par une boîte cartonnée. Chez Monogatari, un gros autocollant collé sur le carton argenté contient l’illustration et d’autres infos utiles.

Parmi elles, on a le prix du tome. Il tourne autour de 1500¥ (~11€), contre environ 600-700¥ (~4-5€) pour un LN bunko ou 1000-1200¥ (~7-9€) pour un LN grand format. C’est excessif, et pas forcément justifié…

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Prenons Koimonogatari, le 12ème roman de la série. Par rapport à des LN classiques, les tomes de Monogatari sont plus grands, mais leur épaisseur est similaire.

Vous voyez l’illustration sur la photo ? C’est la seule à l’intérieur du tome.

Si on excepte Bakemonogatari 1 (1er roman) et Koyomimonogatari (14ème roman), les illustrations sont sur deux pages, mais n’apparaissent qu’en début de chaque arc, comme Hitagi Crab, Nadeko Medusa, etc.
Le nombre total de pages illustrées est donc loin de la dizaine habituelle.

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Autre différence déroutante, la mise en page des textes, avec deux pavés par page.

Pour faire simple, les pages sont à lire de droite à gauche, il faut lire chaque page séparément et en commençant par le pavé du haut, puis lire les phrases de droite à gauche et passer au pavé du bas.
Sans compter la prose de NisiOisiN, qui complique encore plus la lecture.

Notez que l’auteur aime diviser ses tomes en petits chapitres. On peut en avoir une dizaine ou une vingtaine par arc, parfois plus (une quarantaine pour Koimonogatari). Cela dit, le nombre total de pages est proche de la norme (328 pour Nisemonogatari 1, 288 pour Onimonogatari et Koimonogatari).

 

Pour finir, revenons au problème initial. Malgré toutes ces différences, peut-on considérer les tomes de Monogatari comme des LN ?

Le panel des collaborateurs du KonoRano (classement assez connu des LN) a soudainement arrêté de donner des points à Monogatari. Deux hypothèses pourraient expliquer ça : soit ils boudent la série après l’avoir mise en avant en 2009 et 2010, soit ils ne la considèrent plus comme un LN.

Dans les faits, la 2e hypothèse se confirme : les séries Kôdansha BOX ne sont pas considérées comme des LN, ce qui est aussi le cas pour Enterbrain (Log Horizon).

Du coup, les parutions Kôdansha BOX ne sont pas classées avec les LN normaux en librairie. On les retrouve chez les livres grand format, dont Log Horizon, Maoyuu Maou Yuusha et des LN inspirés de l’univers Vocaloid. (Merci à Cho pour cette précision.)

Mais en pratique, on peut tout à fait les « confondre » avec les LN, leur format et le public visé (adolescents & jeunes adultes) restant assez proches d’un LN classique.

(Sans ce raccourci, on risque de ne jamais voir les Monogatari en France, alors…)

A propos de Misogi

Rédacteur spécialisé dans le light novel, écrivant articles et critiques à un rythme irrégulier. "Le light novel, c'est comme Hitagi Senjougahara : il ne faut pas le prendre à la légère."

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2 commentaires

  1. Au sujet des deux pavés de texte par page, ce n’est pas une volonté de l’auteur, c’est un moyen de gagner de la place. Sans cela des pages entières seraient parfois remplies de quelques courtes colonnes de dialogues en haut… C’est un procédé relativement courant dès que l’on dépasse le format poche japonais. Un exemple : Le livre dont il est question dans cet article de blog (http://typer747.blog43.fc2.com/blog-entry-64.html), une réédition de la série Ginga kojiki gundan de Noda Masahiro, comporte trois pavés de texte, car il est au format A4.
    La gymnastique mentale pour passer d’un pavé à l’autre est proche de celle qui nous permet de sauter d’une bulle à l’autre en lisant un manga.
    Par ailleurs, 1500¥ est un prix plutôt normal pour des livres du format des Monogatari, plus encore si la couverture est cartonnée… Mais le label Kôdansha Box est bel et bien réputé pour ses prix parfois élevés. Très clairement, la boîte en carton leur revient plus cher qu’une jaquette, et ils nous le font sentir.

    Au fait, je trouve que le style de NisiOisiN est loin d’être aussi horrible qu’on le dit niveau compréhension, surtout comparé à ceux d’Iruma Hitoma ou de Morimi Tomihiko, par exemple ^^
    Mais effectivement, les difficultés attendent celui qui se lance dans la traduction : de longues phrases (très longues), des jeux de mots, des références et un choix de vocabulaire très précis…

    • Effectivement, c’est évident que ces « pavés » ne viennent pas du tout de l’auteur. Mais disons que ça rajoute un peu de confusion au lecteur occidental lambda.

      Pour le prix, j’ai ajouté la moyenne pour les LN grand format, tu fais bien de me rappeler ça.
      Sinon, c’est bien dans la norme pour les romans conventionnels ou plus ou moins assimilables aux LN, du genre Moshidora à 1600¥ ou Gate à 1700¥ (tomes 2x plus épais pour ce dernier, par contre). On est quand même bien au-dessus des LN grand format actuels (1000-1200¥).

      Quant à l’écriture de NisiOisiN, on est quand même sur quelque chose qui nécessite un bon bagage linguistique (après, le style d’Iruma est lui aussi assez particulier, de ce que j’ai entendu sur Usotsuki et Tokage).

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